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La colpocystodéfécographie

Gynecologia, senologia, Urologia, Paris, - Jean-François LAPRAY


Bien que cinquantenaires, la cystographie et la défécographie, associées successivement dans un examen unique la colpocystodéfécographie (CCD) sont encore en bonne santé en face de l’IRM pelvienne dynamique.

La CCD comporte trois phases : une première phase cystographique, une deuxième phase proctographique et une troisième phase de poussée après évacuation vésicale et rectale maximum.

Après sondage vésical rétrograde (le cathéter urétral est laissé en place) deux clichés dynamiques de profil en position debout, avec une vessie peu remplie, en position de repos puis en poussée sont effectués. Après réplétion vésicale complète et retrait du catheter, des clichés mictionnels sont effectués de profil en position assise physiologique sur une chaise spéciale avec réceptacle.
Après vidange vésicale presque complète, une opacification vaginale et rectale est réalisée avec de la pâte barytée (l’intestin grêle a été opacifié par une ingestion barytée plus d’une heure avant l’examen). Cette deuxième phase comporte des clichés de défécographie en position assise sur la chaise spéciale puis un cliché en poussée après évacuation vésicale et rectale la plus complète possible.

Cet examen permet ainsi l’étude des quatre compartiments du pelvi-périnée : urologique, génital, proctologique, et aussi du péritoine par l’analyse de son contenu apprécié avec la position de l’intestin grêle.

L’examen permet une gradation des prolapsus : vésical (cystoptose ou cervicocystoptose), vaginal (descente du dôme vaginal ou du col utérin), rectal (rectocèle) ainsi que l’évaluation d’un périnée descendu et/ou descendant.
L’examen apporte en outre la visualisation du col et de l’urètre en miction, l’évaluation de la capacité vésicale et d’un éventuel résidu. Il ne permet par contre pas comme l’échographie ou l’IRM l’évaluation des structures péri-urétrales.

Le contenu de la péritonéocèle n’est pas visible en dehors des anses grêles opacifiées et l’utérus n’est bien sûr pas visible contrairement à l’IRM. La péritonéocèle n’est souvent visible que sur le cliché final en poussée après évacuation rectale.

C’est au niveau anorectal que la colpocystodéfécographie garde actuellement son avantage principal non tellement pour l’étude des rectocèles qui sont bien vues à l’IRM, mais pour celle des intussusceptions intrarectales et intra-anales souvent assez mal visibles en IRM et pour l’étude de la qualité et de la rapidité de la vidange rectale ainsi que pour la morphologie du canal anal.

Malgré l’avenir indubitable de l’IRM, en particulier lorsque celle-ci pourra être effectuée dans des IRM ouvertes en position physiologique, la colpocystodéfécographie garde des indications d’évaluation des prolapsus, en particulier lorsqu’il existe une éventuelle pathologie cervico-urétrale nécessitant une étude mictionnelle et surtout lorsqu’une analyse fine du comportement du périnée postérieur est souhaitée.
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