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Place de l’échographie dans l’étude de l’incontinence urinaire

50èmes Journées Françaises de Radiologie, Paris 19 - 23 octobre 2002 - Jean-François LAPRAY


Dans l’étude de l’incontinence urinaire de la femme (IU) l’objectif des ultra-sons est de démembrer les mécanismes physiopathologiques afin d’adapter le traitement à une pathologie souvent multifactorielle et parfois complexe. Comme la cystographie dynamique et mictionnelle, l’échographie comporte un temps dynamique et un temps morphologique en offrant en outre une imagerie en temps réel, non irradiante et avec une visibilité des structures périvésicales et périurétrales ainsi que des moyens musculaires de soutien.

Les 4 voies d’abord qui peuvent être utilisées : périnéale, introïtale, endovaginale et transrectale, comportent chacune leurs avantages et leurs inconvénients.

L’échographie permet surtout d’apprécier la mobilité cervico-urétrale avec comme critère le plus utilisé de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) un déplacement > 1 cm, sans qu’existe de standardisation des techniques et des mesures. La béance de l’urètre proximal évoque une incompétence du col que confirme le bilan urodynamique (BUD) en montrant une insuffisance sphinctérienne.

Mais l’unanimité n’est pas faite sur les renseignements que l’échographie peut fournir dans l’IUE en dehors de l’étude de la jonction cervico-urétrale. En particulier elle souffre de l’absence d’images mictionnelles qui sont possibles mais non effectuées en routine, ainsi que de l’analyse dynamique limitée des autres étages du pelvi-périnée.

Elle représente la première méthode d’imagerie à mettre en œuvre pour l’étude morphologique péri-urétrale (diverticules de l’urètre), le contrôle de certaines interventions chirurgicales : frondes et tout particulièrement des bandelettes T.V.T (tension-free vaginal tape) et apparaît un utile complément morphologique du BUD. Elle reste irremplaçable dans l’évaluation du résidu post-mictionnel par voie sus-pubienne, ainsi que dans le diagnostic de pathologies qui peuvent prendre le masque d’une incontinence par urgences (tumeurs vésicales ou de l’ovaire) ou simuler une IU (fistules uro-vaginales et abouchements ectopiques de l’uretère dans l’urètre).
Les explorations d’imagerie ne s’adressent pas à l’IUE post-obstétricale pure et modérée de la femme jeune pour laquelle une rééducation périnéale est indiquée en première intention. Dans les autres cas, et en fonction de la clinique, l’échographie vient s’intégrer dans l’arsenal de l’imagerie avec la cystographie dynamique et mictionnelle, la colpocystodéfécographie et l’IRM dynamique dans l’exploration des incontinences mixtes, des récidives ou des échecs chirurgicaux, en particulier s’il existe un prolapsus associé, ainsi que dans les discordances du BUD.